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La Turquie européenne : une chance pour la Bretagne

mardi 22 décembre 2009, par Pierrick Hamon

Les liens entre Bretagne et Turquie sont mal connus, c’est un fait. Pourtant la prestigieuse Université Galatasaraï à Istanbul, associée à celle de Rennes pourrait en témoigner. Etudiants et enseignants bretons y sont les étrangers les plus nombreux. Cela crée des liens par delà les stéréotypes et malentendus véhiculés de part et d’autres, notamment au plan religieux. Car c’est bien là le problème : l’Islam fait peur !. Et pourtant l’adhésion de la Turquie constituerait une formidable opportunité de rencontre et développement, économique et commercial autant que culturel, et beaucoup plus encore pour nos actuels Etats européens. Istanbul, ville de tolérance et d’ouverture au monde, a bénéficié, avec et après les héritages de Byzance et Constantinople, de l’influence des plus grandes civilisations méditerranéennes. Même si la Turquie, qui n’a pas encore atteint le niveau de démocratie attendu, serait, sur ce chemin, plus av ! ancée que d’autres Etats récemment entrés dans l’UE s’il n’y avait le conflit kurde qui envenime encore une situation héritée surtout du lobby militaire. Diyarbakir, ville jumelée avec Rennes et plusieurs villes bretonnes, en sait quelque chose ; mais cela bouge y compris dans le dialogue avec l’Arménie où vient de se rendre le Chef de l’Etat turc.

Les opposants à l’entrée de la Turquie, tout de même plus européenne, géographiquement parlant, que Chypre voisine du Liban, savent ils seulement que la Grèce comme l’Arménie et même nombre de responsables Kurdes, souhaitent que la Turquie puisse intégrer l’Union Européenne ? CQFD …
Faut-il s’étonner d’entendre aujourd’hui encore les chrétiens grecs, bulgares, serbes, libanais ou syriens - qui seront soumis pendant cinq siècles au joug ottoman - dire qu’ils ont toujours préféré le « turban turc » au « chapeau latin » ? Constantinople, la ville sainte des Grecs n’a pas été détruite par les musulmans mais bien par les croisés latins qui, le 13 avril 1234, ont procédé à l’un des pires massacres de l’histoire, celui de toute la population qui était alors en majorité chrétienne. « Si fière de sa culture, Byzance a vu alors s’envoler en fumée des tonnes de manuscrits de l’Antiquité. Car les croisés ont ainsi dépouillé les bibliothèques, les palais et hôtels particuliers, les places et édifices publics de trésors que neuf siècles d’histoire avaient entassés » (Henri Tincq). Faut il rappeler l’héritage fabuleux de l’Andalousie musulmane qui a mis tant d’années à se relever de la tyrannie obscuranti ! ste d ’Isabelle de Castille qui persécuta Juifs et Musulmans ?.

A tous ceux qui s’intéressent au sujet, je conseille vivement la lecture facile du petit livre de Michel Rocard « Oui à la Turquie »* qui vient tout juste d’être traduit et publié en ce début mars, en Turquie. Les arguments, historiques certes, mais surtout d’actualité y sont si nombreux et difficilement contestables. Une fois de plus Michel Rocard ne craint pas de bousculer les certitudes.

Le Pèlerinage islamo-chrétien de Vieux-Marché, en Bretagne donc, qui rassemble depuis 50 ans à l’initiative du professeur Massignon, des représentants des trois grandes religions monothéistes, ne nous vient il pas d’Ephèse, en Turquie ? Quel beau symbole !.

Si les Français ont oublié que ce grand et sublime pays était, jusqu’à ce que notre Président lui oppose un refus absurde, l’un des plus francophiles au monde, les Bretons ne l’oublient pas.

L’Orient a toujours été la chance de la Bretagne, et pas seulement par delà les mers. Ne la perdons pas.

Pierrick Hamon

Article paru dans ArmorMagazine, le 06 mars 2009 pour le numéro du 2 avril 2009

*Hachette Littérature, 2008

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