« Nous avons tué un homme dont nous ne pouvions accepter les idées. » – Orhan Pamuk « Je suis de Turquie. Arménien jusqu’à la moelle. Je n’ai jamais pensé, ne serait-ce qu’un seul jour, que je pourrais abandonner mon pays pour m’établir dans ce paradis de libertés toutes prêtes qu’on appelle l’Occident ; et m’accrocher comme une sangsue aux démocraties créées par d’autres qui en ont payé le prix. J’ai bâti mon destin en luttant toujours en faveur de la liberté dans mon pays. À moi non plus, on ne m’a pas accordé (...)
L’Express - 23/04/2002 Hrant Dink dirige un journal arménien. Son but : rendre sa fierté à sa communauté. Et s’il est critique envers les autorités d’Ankara, il l’est aussi envers la diaspora. "Qu’est-ce qui est le plus important pour la Turquie ? Qu’elle se démocratise ? Ou qu’elle reconnaisse le génocide arménien ?" interroge Hrant Dink, directeur de la rédaction d’Agos, un hebdomadaire arménien publié depuis six ans à Istanbul. Cette question obsède ce petit homme bouillonnant de 49 ans, qui mène une (...)
Lundi prochain, 19 janvier 2009. La date marquera la seconde année depuis l’assassinat de Hrant Dink en janvier 2007. Journaliste arméno-turc, il tomba sous les balles d’un jeune issu des milieux d’extrême-droite, au terme d’une campagne de déchaînement médiatique et judiciaire que lui avait valu une formule maladroite, mal comprise puis largement déformée dans l’opinion. Jugé dans des tribunaux tenus par des « officiers en civil », ceux-là mêmes qui comparaissent aujourd’hui dans le procès dit « (...)
The conversation a day after the murder of journalist Hrant Dink was as follows: -Selamun aleykum, what’s up? -Aleykum selam, I am at the bazaar walking around. -The guy that was killed yesterday… Is that our friends’ flesh? -Yes it is. -Do you think that they will be caught? -No, no! -God bless our friends! According to police records this conversation took place on January 20 – a day after Dink, the editor in chief of Agos newspaper was killed – between the vice president and (...)
Source : Incoherent Thoughts Ayant tout juste reçu le livre de Hrant Dink, la meilleure façon d’en parler est peut-être tout simplement, de laisser filer des notes de lecture, au gré des articles rassemblées, qui sont à la fois variés, écrits dans des contextes et des tons très différents, mais qui ont, mis tout ensemble, une incontestable unité, car reflétant l’idéal de Hrant Dink, celui d’une Turquie et même d’un monde animés par la philosophie de ce que l’on pourrait appeler le vivre-ensemble. Autre (...)
Nous voilà dans les derniers jours d’une année qui fut l’une des années les plus chargées depuis la fondation de la République en 1923. Il est désormais temps de tenter de comprendre ce qui nous est arrivé. C’est presque dur à croire mais tout ce qui suit s’est déroulé en une seule et même année : l’assassinat de Hrant Dink, ses funérailles à Istanbul avec une foule de plus de 100 000 personnes, le massacre de trois missionnaires chrétiens à Malatya, les énormes meetings « républicains » du printemps, le (...)
"Ce procès ne se terminera pas comme ça", scandaient les amis de Hrant Dink, à l’extérieur du tribunal, mardi 17 janvier, dans l’attente du verdict. Dans la salle, les avocats de la famille du fondateur et directeur de la revue turque arménienne Agos, tué à bout portant le 19 janvier 2007, ont plaidé une dernière fois leur demande de voir juger les responsables des services de sécurité cités dans le dossier. Sans grand espoir. Après cinq années d’une enquête ponctuée de nombreuses irrégularités, le juge (...)
I began school when power was for the first time transferred in a peaceful way in Turkey, without bloodshed. Published earlier this year during the electoral campaign hold in July, this "rope’s debate" based article is still relevant regarding the Turkish political context which led the country in the situation it is today on the verge of war. That’s the reason why TE decided to publish it today on its website. So my generation is the same age as Turkey’s claim to the full establishment of (...)
Vice premier ministre et porte-parole du gouvernement, Cemil Çiçek est l’un des inamovibles ministres de l’AKP. Il fut l’un des avocats de l’article 301 du code pénal. Où se situe-t-il en Turquie et au sein de l’AKP ? Qui représente-t-il ? Quid des prétentions démocratiques de l’AKP avec un tel vice-premier ministre ? M. Çiçek est l’un des politiciens les plus « durables », stables en Turquie. Au lendemain du coup d’Etat du 12 septembre 1980, on a redistribué les cartes sur l’ensemble de la scène politique (...)
Hrant Dink fut assassiné le 19 janvier 2007. Il avait compris que 2007 serait une année difficile. Ils l’ont d’abord abattu. Il y eut ensuite une grave crise liée à l’élection présidentielle. Deux mois après l’assassinat de Hrant, le 27 mars 2007, dans l’avion qui nous menait en Arabie saoudite, je posais la question suivante au premier ministre Recep Tayyip Erdoğan : « C’est en considérant ce que l’enquête a permis de mettre au grand jour, que j’affirme que ce sont des forces situées au cœur de l’Etat qui (...)