Étienne Copeaux est chercheur associé au Groupe de Recherche et d’études sur la Méditerranée et le Moyen Orient (GREMMO) du CNRS, et est ancien pensionnaire de l’Institut Français d’Études Anatoliennes (IFEA - Istanbul).
Turquie Européenne publie un billet d’Étienne Copeaux bien qu’une partie de nos membres ne partagent pas entièrement son point de vue. Mais les dernières prises de position du président sortant ne peuvent qu’induire une convergence de vue de plus en plus étroite, notamment en ce qui concerne les accents populistes et xénophobes que prend de plus en plus cette campagne. Nicolas Sarkozy et son équipe sont maintenant obligés de courir derrière des électeurs que la banalisation du discours (...)
En France, on ne sait plus très bien pourquoi on commémore le premier mai. Il s’agissait à l’origine d’honorer la mémoire d’ouvriers américains tués à Chicago en 1886 au cours d’une manifestation pour la journée de huit heures. La lutte était menée par l’American Federation of Labor (AFL). À Paris, en 1890, la IIe Internationale décidait de faire du premier mai une journée annuelle de grève, toujours pour l’obtention des « trois huit ». En France, le premier mai a été institué comme jour chômé pour tous en (...)
Le récit historique, démonstration de l’unicité et de la transcendance Le récit historique enseigné en Turquie est lui-même une démonstration de l’unicité et de la transcendance. Les manuels scolaires, soumis à l’approbation d’un organisme d’État (le Talim ve Terbiye Kurulu), et la recherche historique, l’édition, la politique de vulgarisation de l’histoire doivent en principe être conformes aux préceptes d’un autre organisme, la Haute fondation Atatürk pour la culture, la langue et l’histoire (AKDTYK), créé (...)
La répression qui s’opère sous nos yeux en Turquie m’enrage. Dans Le Monde du 3 novembre 2011, Guillaume Perrier écrivait : « Cette offensive menée au nom de la lutte contre le terrorisme s’inscrit dans une tradition judiciaire tenace » ; il citait le correspondant turc de Reporters sans frontières, Erol Önderoglu, qui estime que rien ou presque n’a changé dans la politique répressive de la Turquie, depuis la grande époque « où l’état-major dictait la ligne », c’est-à-dire avant 2002. Il nous appartient (...)
Depuis l’émergence de l’affaire Ergenekon, nombreux sont ceux, hors de Turquie (et même en Turquie) qui se demandent ce que signifie ce terme et quelle est son origine. Je propose ici un extrait un peu remanié de mon ouvrage Espaces et temps de la nation turque (1997), lui-même tiré de ma thèse « De l’Adriatique à la mer de Chine. Les représentations turques du monde turc à travers les manuels scolaires d’histoire » (1994). Les inscriptions de l’Orkhon : le passé exemplaire des Turcs Au sud du lac (...)
Ce court texte est un « reliquat » de mes recherches sur les manuels scolaires. Il s’agit d’éléments rassemblés voici vingt ans, inutilisés dans ma thèse puisque celle-ci traitait exclusivement des représentations des Turcs par eux-mêmes. Ce sont de simples notes, sans analyse. Si vous voulez utiliser ces informations, restez bien conscients de la date à laquelle cette note a été établie ! La situation a pu changer depuis. Je serai heureux si un lecteur peut me dire si la représentation du nazisme et de (...)
Trapeza, octobre 1998. Comme son nom l’indique, ce très petit village chypriote est construit sur un des nombreux plateaux entourés de ravins qui dominent la côte nord-est de l’île, en avant de la chaîne du Pentadactyle. De là, par temps clair, on peut voir la côte turque à l’horizon. En 1960, lors de la naissance de la république de Chypre, Trapeza comptait 79 habitants, tous musulmans ; trop isolés dans une région majoritairement orthodoxe, ne pouvant assurer leur défense au moment des affrontements (...)
« Deux peuples ont marqué l’histoire mondiale : les Turcs et les Juifs. Les Turcs sont un peuple glorieux, victorieux, leur histoire est mondiale. C’est un peuple de soldats. C’est le peuple qui, au cours de l’histoire, a fondé le plus d’États, qui a fondé des empires. Ce n’est pas le cas des Juifs. La scène sur laquelle se déroule l’histoire des Turcs s’étend sur trois continents (…). Au cours des âges, ils y ont accompli une mission historique (…), car ils ont rencontré et influencé beaucoup de peuples. (...)
Voici plus de douze ans que Pınar Selek est poursuivie par l’Etat turc. Elle a été en effet arrêtée en août 1998. Il me paraît intéressant de rappeler le contexte, en feuilletant la presse turque des mois d’août et septembre de cette année. La coalition à dominante « islamiste » dite Refahyol menée par Necmettin Erbakan (Refah) et Tansu Çiller (DYP), avait dû quitter le pouvoir en juin 1997, sous la pression de l’armée. L’été 1997 s’était déroulé dans une atmosphère de soulagement puisque les « bigots » (...)
Newroz, ce terme désigne la fête du printemps, fête de l’année nouvelle dans les sociétés irano-kurdes. En turc, on écrit Nevruz. Utilisez un w et vous révélez ipso facto des penchants pro-Kurdes, car « la lettre w n’existe pas dans l’alphabet turc ». En Turquie, newroz est fêté dans le sud-est du pays et partout où se trouvent des Kurdes en nombre… c’est-à-dire un peu partout, et comme les Kurdes sont souvent dans les banlieues pauvres, c’est, dans les grandes villes, une fête de déshérités, c’est la fête des (...)
