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Le groupe Arcelor essuie un revers en Turquie

jeudi 23 février 2006, par Elsa Bembaron

Le Figaro - 23/02/2006

ACIER Le groupe européen, sous le coup d’une OPA hostile, se voit privé du sidérurgiste Erdemir. Mittal Steel dévoilera sa stratégie industrielle la semaine prochaine.

ARCELOR n’avait pas besoin de ça. Son partenaire financier turc Oyak vient d’annoncer qu’il renonçait à l’opération en cours avec le Luxembourgeois. Elle devait permettre à Arcelor d’acquérir indirectement 20% du capital du sidérurgiste turc Erdemir, dont Oyak va détenir 49%.

Or, Guy Dollé, le président d’Arcelor, avait fait de cette participation un des axes majeurs de sa croissance, et donc de sa défense, face à l’OPA hostile de Mittal Steel. Erdemir devait permettre à Arcelor d’augmenter sa capacité de production d’acier de 10 millions de tonnes. La décision d’Oyak éloigne donc Arcelor de son objectif de production de 100 millions de tonnes d’acier par an.

L’ombre de Mittal Steel

Officiellement, Oyak a pris sa décision en raison du retard des autorités de la concurrence turque. Toutefois, il ne voulait pas d’un partenariat avec Mittal Steel. En agissant de la sorte, Oyak évite le risque de voir Erdemir tomber dans l’escarcelle de Mittal Steel.

Chez Arcelor, on se veut pourtant rassurant. Le groupe détient directement 5% du capital d’Erdemir et n’a pas renoncé à « renforcer sa coopération avec Oyak et Erdemir ». Il lui faut désormais attendre qu’Oyak ait finalisé son opération de rachat de 49% du capital d’Erdemir, pour pouvoir ensuite éventuellement revenir dans la course... à condition que les autorités de la concurrence turque ne s’y opposent pas.

Cependant, la décision d’Oyak ne devrait pas avoir de conséquences financières sur l’offre de Mittal Steel. « Erdemir n’aurait pas été consolidé dans les comptes d’Arcelor avant deux ou trois ans », mentionne un analyste, qui s’inquiète en revanche « de la capacité d’Arcelor à croître seul ».

La Chine comme dernier recours

Maintenant que l’acquisition du canadien Dofasco est bouclée, il reste à Arcelor un seul axe de croissance majeur connu : la Chine. Le Luxembourgeois attend le feu vert des autorités de la province Shandong « dans les prochains jours » pour effectuer le rachat de la moitié des 76% de participation que Laiwu détient dans une aciérie. « Trop peu pour qu’Arcelor puisse consolider cette opération dans ces comptes. En termes de génération de cash flow, ce n’est pas significatif pour le groupe », ajoute un analyste qui estime que, « finalement, il n’y a actuellement pas de meilleure proposition que celle de Mittal Steel, à condition qu’il revoie son offre ».

Reste à savoir si la stratégie industrielle de Mittal Steel, une fois dévoilée, achèvera de convaincre les investisseurs encore sceptiques. Elle devrait être rendue publique la semaine prochaine. « A force de demander ce projet industriel, on m’a annoncé ce matin qu’enfin nous allions avoir ce projet industriel en début de semaine », a déclaré hier Thierry Breton, ministre de l’Économie, qui ne s’est pas privé de dénoncer à plusieurs reprises le caractère hostile de l’offre de Mittal Steel. Dans le même temps, Guy Dollé devrait présenter sa stratégie de défense à ses actionnaires.

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