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La Turquie, star de foot ?

vendredi 3 mars 2006, par Haluk Sahin, Marillac

© Turquie Européenne pour la traduction
© Radikal, le 01/03/2006

Universitaire et éditorialiste pour le quotidien Radikal, Haluk Şahin cède ici à l’humeur légère d’une semaine d’après derby de football en Turquie. Un derby correspondant le plus souvent à une rencontre entre les ténors du championnat, à savoir ici les trois clubs stanbouliotes, Galatasaray, Besiktas et Fenerbahçe (Fener), ce fut, dimanche dernier, le tour de la rencontre Fener-Besiktas soldée par un match nul (2-2).
Coaché par Jean Tigana, le Besiktas est le club de la �vieille’ star nonchalante du football turc, Sergen Yalçin que tout le monde appelle ici par son prénom. Sorte de génie parcimonieux du ballon rond, il a toujours préféré sa vie de noctambule stanbouliote à la gloire d’un grand club européen : Haluk Sahin ne manque pas ici de dresser un cinglant parallèle avec son pays, la Turquie.

© Radikal, le 01/03/2006

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Sergen Yalçin

Si vous vous intéressez plus au football qu’à la Turquie, vous pouvez lire ce titre en le renversant : « Sergen, tout comme la Turquie ! » [titre original de l’article : la Turquie tout comme Sergen !, ndlt]
Leur point commun : se reposer longuement après avoir produit du jeu exceptionnel sur un match. On ne peut jamais généraliser à leur endroit. Au moment où vous les dites tout à fait bons, ils sont mauvais ; à l’instant même où vous les jugez finis, ils peuvent se montrer surprenants. Et le peuple turc et ses médias de juger la situation conforme à la normalité, de se retourner et de poursuivre son chemin.

Depuis le dernier derby Fener - Besiktas, tout est louanges à Sergen ; même dans les éditoriaux généralement consacrés à la politique ce sont des éloges à Sergen, qui soutenant que Sergen est le plus grand footballeur que la Turquie ait jamais connu, qui le comparant à Maradona.
Et le grand maître de notre si chère méthode - je joue un match, je dors sur les 5 suivants- Sergen de s’en trouver fort aise. Lui, il sait très bien ce qu’il fait en virtuose des échos qu’il souhaite tirer des médias. Mais ne croyez pas pour autant que je le critique d’être ce qu’il est. Bien au contraire, dans cette période de footballeurs clonés, je lui sais gré de son indépendance. Par ailleurs, en tant que supporter de Besiktas moi-même, j’apprécie le joueur issu du centre de formation de ce club. De plus, il a véritablement joué magnifiquement lors de ce match contre Fener (mais puisqu’on rapporte qu’il devait, la veille de ce match, s’amuser jusqu’au matin dans le quartier de Beyoglu, alors je tiens à faire mentir la presse).

Chaque ballon rencontrant son pied retournait au jeu chargé d’une valeur inestimable. Il était comme une machine à augmenter la valeur ; donne une passe à 5 balles et reçois en une à 50. Ou alors un goal à 5000 balles.
Et la somme de toutes ces passes et tous ces tirs à valeur ajoutée a fortement contribué à faire monter la qualité du match... Et les gens dépités suite au match Chelsea-Barcelone de s’écrier : « Nom d’un chien c’est qu’on joue encore au foot en Turquie ! »

Dans d’autres domaines on trouve de semblables personnages, si vous êtes chanceux, vous pouvez les rencontrer ou les avoir rencontrés. Tout ce que vous leur envoyez vous revient avec de la valeur ajoutée. Vous lui dites de jeter un �il à ces notes, et c’est un rapport extra qui en ressort, si vous lui dites de faire une retouche sur telle ou telle tache, c’est tout le mur qui est repeint du sol au plafond...
Par-dessus le marché, ils sont extraordinairement constants. Ils accroissent la qualité du travail qu’ils effectuent ou du lieu dans lequel ils travaillent.

Pour en revenir à Sergen (et à la Turquie), on ne peut pas en dire autant. Après avoir fait preuve d’une maestria sans pareille au cours d’un match, les voilà qui se mettent à hiberner. Après avoir reçu les applaudissements d’après match, ils se mettent à se reposer un temps sur leurs lauriers.
Jusqu’à ce qu’un jour, à nouveau, la situation se fasse pressante.

Telle est la situation sur le front de l’Union Européenne. Le spécialiste de la question Can Baydarol devait confier à Nagehan Alçi du journal Aksam que la Turquie donnait dans la facilité depuis le 3 octobre, date de lancement officielle des négociations d’adhésion. Le négociateur en chef a été désigné, l’équipe de négociateurs est toujours en attente de nomination. La confusion règne, la coordination inexistante.

Jusqu’à quand ? Très certainement jusqu’à ce qu’une nouvelle crise éclate. De ce point de vue, Sergen et la Turquie se ressemblent énormément. Ils s’appuient tous deux sur une hypothèse qui n’est pas fausse : il n’y a pas deux Sergen (Turquie) !

© Radikal, le 01/03/2006

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