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La Turquie multiplie les initiatives diplomatiques en Palestine et en Irak

jeudi 2 mars 2006, par Guillaume Perrier

© Le Monde, le 02/03/2006

Une semaine après la visite d’une délégation du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) palestinien, Ankara planche sur l’Irak.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a en effet reçu son homologue irakien, le chiite Ibrahim Al-Jaafari, mardi 28 février, pour évoquer les violences interconfessionnelles qui secouent son pays : une initiative vivement critiquée par le président kurde de l’Irak, Jalal Talabani, qui estime qu’elle « n’a aucune valeur ».

Depuis quelques jours, la Turquie consulte à tout-va. Le leader chiite Moqtada Al-Sadr devrait se rendre à Ankara et à Istanbul d’ici une semaine et l’envoyé spécial turc en Irak, Oguz Çelikkol, a rencontré le président de la région kurde, Massoud Barzani. « Il faut que les cercles politiques et religieux agissent ensemble pour empêcher les terroristes d’arriver à leurs fins », a déclaré, mardi, M. Erdogan.

« C’était le moment opportun pour délivrer un message, note Altay Cengizer, conseiller du ministre des affaires étrangères, Abdullah Gül. Les Etats-Unis nous soutiennent dans nos démarches. Les contacts avec Moqtada Al-Sadr ou avec le Hamas ne signifient pas que nous légitimons le radicalisme, mais qu’il faut les considérer comme des acteurs. »

Violences en Irak, élections en Palestine, crise des caricatures, nucléaire iranien... La diplomatie turque exploite le moindre espace libre pour faire entendre sa voix au Moyen-Orient. « Ils ont à l’esprit le passé ottoman de la Turquie. Et l’identité musulmane de ce gouvernement lui donne une légitimité pour ces négociations dans le monde musulman », explique Cengiz Candar, éditorialiste au quotidien Bugün.

Fin janvier, le premier ministre turc avait déclaré que la Turquie était prête à jouer le rôle d’intermédiaire entre Israël et le Hamas, vainqueur des élections palestiniennes. Et, malgré l’irritation manifestée par l’Etat hébreu, l’idée a été poursuivie. « La Turquie veut aussi montrer à l’Union européenne qu’elle peut jouer un rôle important pour elle au Moyen-Orient », selon Cengiz Candar. La Turquie laïque, mais dirigée par un gouvernement conservateur musulman, veut jouer le rôle de pont entre Occident et monde musulman et, en même temps, affirmer son autonomie dans la région.

© Le Monde, le 02/03/2006

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