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Congrès des étudiants turcs à Strasbourg

mercredi 9 avril 2008, par Sebahat Erol

Environ 400 étudiants turcs de France étaient réunis les 5 et 6 avril au Palais universitaire à Strasbourg, lieu hautement symbolique tant dans la construction de l’Union européenne que par la présence à l’université Marc Bloch d’un département de turcologie.

Congrès des étudiants turcsM. Paul Dumont, directeur de ce département de turcologie, a souligné, dans son discours d’introduction au Congrès, les liens forts entre l’Alsace et la Turquie dès le Moyen-Age, liens parfois conflictuels qui ont tout de même amené les Alsaciens à s’intéresser à la Turquie et à la langue turque et à poursuivre une tradition d’accueil de nombreux étudiants turcs venant de Turquie. Mme Catherine Trautmann, députée européenne et ancienne maire socialiste de Strasbourg, a également insisté, dans un discours d’ouverture très favorable à l’adhésion de la Turquie à l’UE, les liens historiques qui lient la France et la Turquie, liens qu’on a tendance à oublier aujourd’hui ; elle a également rappelé la présence d’une importante communauté turque en Alsace qui, selon elle, sera « la meilleure ambassadrice de la Turquie » dans son projet d’adhésion à l’UE.

Trois conférences suivent les discours d’ouverture : « Que promet l’UE à la Turquie ? », « Comment les jeunes Turcs possédant une double culture peuvent-ils orienter leur avenir ? », « Les relations franco-turque sur les plans socio-économique et culturel ». La question de l’adhésion de la Turquie à l’UE était donc au cœur des débats, parfois de façon obsessionnelle dans les questions posées par les étudiants qui ont souvent exprimé leur incompréhension face à l’attitude « hostile » de la France dans ce processus d’adhésion. Parmi les intervenants, plusieurs responsables d’universités en Turquie mais aussi un Président d’université française d’origine turque (M. Cafer Özkul, université de Rouen), un homme d’affaires turc (M. Hamdi Akin, PDG d’Akfen Holding), une journaliste française (Mireille Sadège, rédactrice en chef d’Aujourd’hui la Turquie) et le célèbre historien français M. Gilles Veinstein.

La journée du dimanche a été consacrée à des travaux de groupes portant plus spécifiquement sur les questions et problèmes des étudiants (équivalence des diplômes, possibilités de carrière…), sur les projets communs et concrets que pourraient mener les étudiants ou sur l’évolution de la communauté turque de France.

Réunir pour la première fois autant d’étudiants turcs venant des quatre coins de la France : voilà le challenge qu’ont réussi les étudiants turcs de Strasbourg qui ont porté ce projet, ce qui a été possible, on le devine, grâce à d’importants moyens financiers qui ont permis de déplacer et loger gratuitement autant de jeunes et d’inviter des intervenants prestigieux. Parmi les sponsors et non des moindres, on note le groupe TEMSA ou Turkish Airlines.

Après un tel déploiement de moyens et d’énergie, on peut maintenant se demander ce que les étudiants turcs ont tiré de ces deux jours et si ce congrès débouchera sur des projets concrets. Peut-être ont-ils pu se rendre compte de la force intellectuelle et politique qu’ils pouvaient représenter en France, même si le groupe réuni sous cette appellation d’ « étudiants Turcs de France » n’était pas si homogène et que le hiatus était sensible entre étudiants turcs venus de Turquie et enfants d’immigrés turcs ayant réussi à accéder aux études supérieures.

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