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Entreprises en Turquie (2/3)

Z comme Zorlu, V comme Vestel

mardi 15 août 2006

La Libre Belgique - 01/08/2006

Zorlu et Vestel ne disent pas grand-chose au consommateur européen.
Pourtant, Zorlu, l’homme, et Vestel, la société, produisent 26 pc des TV européennes.

À Manisa

Un grand « Z » orne l’entrée de l’usine Vestel, à Manisa, dans l’arrière pays de la côte turque égéenne. « Z » comme Ahmet Nazif Zorlu, un physique de play-boy à 62 ans, mais surtout, l’un des entrepreneurs les plus étonnants de Turquie.

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L’entrée de Vestel City

Zorlu n’a pas été plus loin que l’école primaire. Il a fait ses classes dans une petite usine textile familiale de l’Anatolie occidentale. Aujourd’hui, il dirige un holding turc qui regroupe une trentaine d’entreprises. Il a reçu, en 2003 de l’hebdomadaire américain Business Week, le titre de star des entrepreneurs européens.

Son fleuron, c’est Vestel, une entreprise sauvée de la faillite en 1994, qui produisait 360 000 téléviseurs par an. Zorlu ne connaissait pas grand-chose à l’industrie de la télévision, mais il savait qu’un immense marché s’ouvrait en Europe avec l’union douanière et que les bas salaires turcs feraient l’affaire.

Il vend aujourd’hui 5,5 millions de téléviseurs sur le marché européen, pour des marques comme Sharp, Mitsubishi, Hitachi ou Sanyo.

« Nous sommes déjà dans l’Union européenne », dit cet homme peu bavard mais attentif. « La seule chose qui changera (avec l’adhésion), c’est que nous n’aurons plus besoin d’un visa ».

Pour visiter Vestel City, un complexe de huit usines, il faut prendre place à bord d’une petite voiture électrique qui traverse les allées de production à bonne allure, ouvertes par des gardes de sécurité.

Âge moyen : 29 ans

Secteur télévision, les employés sont vêtus d’un tee-shirt bleu. Ils s’affairent à deux lignes de production, l’une de téléviseurs CRT, l’autre d’écrans plasma. « Vingt-cinq ouvriers peuvent produire 40 télévisions par heure », explique Sertaç Beller, directeur général de Vestel Elektronik. Leur âge moyen est de 29 ans. Ils sont 2 000 à se relayer dans l’unité télévision.

Comme ailleurs dans Vestel City, les ouvriers travaillent six jours sur sept, à raison de 7h10 par jour. Une courte pause de 45 minutes leur permet d’avaler leur déjeuner. L’usine tourne 24h sur 24 à raison de trois rotations de huit heures.

Plusieurs facteurs expliquent le succès de Vestel. Le très bas salaire des ouvriers de Vestel - entre 2,5 et 3 euros l’heure contre 26 à 27 euros en Belgique ! - en est un. Le riche tissu industriel de la Turquie, qui fournit une partie des composants à l’assemblage, en est un second. La position stratégique de la Turquie -entre Europe et Asie- est le troisième.

Vestel vante aussi sa flexibilité, c’est-à-dire sa capacité à fabriquer en un temps record des écrans de télévision même en quantité limitée. De Turquie, les frais de transport sont moins élevés que si les écrans étaient embarqués sur container dans un port de l’Extrême-Orient. Si la télévision est l’emblème de Vestel, l’entreprise turque s’est en fait diversifiée. Elle fabrique des réfrigérateurs, des machines à laver et des climatiseurs. Ses secteurs les plus profitables sont, pour le moment, les ordinateurs portables (une activité lancée en 2006 avec Intel), mais aussi sa branche Défense qui conçoit entre autres des simulateurs de vol.

Au total, plus de 11 000 personnes travaillent pour Vestel. Environ 600 ingénieurs sont postés aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, à Taiwan, à Hong Kong et en Turquie pour se tenir au courant des nouveautés technologiques.

Quand on demande à Zorlu quels sont les marchés prometteurs, celui-ci répond sans hésiter : l’Iran et l’Irak.

© La Libre Belgique 2006

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