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La candidature de la Turquie est envisagée favorablement

dimanche 20 juin 2004, par Henri de Bresson

Le Monde

L’ouverture de négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne se précise. En dépit de la forte opposition qui s’est manifestée au principe de cette adhésion dans plusieurs pays de l’Union, les chefs d’Etat et de gouvernement des 25 réaffirment dans les conclusions de leur sommet, vendredi 18 juin, que les négociations s’ouvriront « sans délai » s’il est constaté, au mois de décembre, que « la Turquie satisfait aux critères de Copenhague ».

Ceux-ci fixent les principes à accepter pour tout nouvel adhérent, notamment en matière de démocratie, des droits de l’homme et de liberté d’entreprendre.

Les 25 ont rendu un hommage appuyé aux réformes du gouvernement turc. « Le Conseil européen se félicite des avancées majeures réalisées à ce jour par la Turquie en matière de réformes, et notamment des amendements constitutionnels importants et de grande portée adoptés au mois de mai. Il salue les efforts constants et soutenus déployés par le gouvernement turc pour satisfaire aux critères politiques de Copenhague », souligne les conclusions.

En fin d’année, le Conseil prendra sa décision sur la base d’un rapport que la Commission Prodi doit rendre avant de terminer son mandat, à la fin octobre. Le commissaire Günter Verheugen chargé de rédiger le rapport a indiqué, jeudi, que « si l’UE interrompait le processus de modernisation, de démocratisation et de libéralisation en Turquie, peu après son commencement, ce serait une erreur tragique ». L’Autriche a vainement tenté de retarder le processus. « C’est un engagement que nous avons pris envers la Turquie au Conseil européen de Copenhague et c’est une promesse que l’UE entend respecter », a déclaré, jeudi, le ministre irlandais des affaires européennes, Dirk Roche.

La vocation européenne de la Turquie a été réaffirmée au début de la campagne des élections européennes par le président Jacques Chirac. Mais le chef de l’Etat est apparu à contre-courant de la scène politique en France. L’UMP et son président Alain Juppé ont pris officiellement position contre, de même que l’UDF de François Bayrou. Le parti socialiste est partagé. Ces prises de position ont privé d’arguments les partis souverainistes et l’extrême droite qui tentaient d’exploiter les préventions d’une majorité de l’opinion à l’égard de la Turquie.

Pierre Lequillier, le président UMP de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne, a réaffirmé, vendredi, ce refus de l’adhésion turque, qu’il estime « antinomique » avec l’idée d’une Union politique européenne. Il a indiqué qu’il se rendrait, le 13 septembre, en Turquie avec plusieurs députés de sa délégation.

La position turque a été renforcée, ces jours-ci, par la libération de quatre anciens députés kurdes emprisonnés depuis dix ans, et la publication, vendredi, à Strasbourg, d’un rapport du comité de prévention contre la torture du Conseil de l’Europe. Rendant compte d’une visite dans le sud-est du pays, ses experts estiment que « les faits constatés dans les régions visitées sont globalement encourageants ».

LE CAS DE LA CROATIE

Les 25 ont, par ailleurs, décidé de lancer les négociations d’adhésion avec la Croatie. Une conférence intergouvernementale commencera ses travaux au début de 2005. La Croatie sera le deuxième pays de l’ex-Yougoslavie à rejoindre l’UE après la Slovénie. « Pour chaque personne concernée par le futur de la Croatie, pour tous ceux qui veulent un avenir au sein de l’Europe unie, la journée d’aujourd’hui est historique », a déclaré le président croate, Stipe Mesic.

Si les choses se déroulent comme prévu avec Zagreb, il n’est pas impossible que la Croatie rejoigne l’Union à peu près en même temps que la Bulgarie et la Roumanie. Le sommet a réaffirmé la vocation de ces deux pays à faire leur entrée en 2007, « s’ils sont prêts ». A cela, une condition, en particulier. Les deux pays, insiste le texte, « doivent accorder une attention particulière à l’amélioration de leurs moyens administratifs et judiciaires ».

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