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Difficultés économiques en vue pour la Turquie en 2006

lundi 9 janvier 2006, par Selçuk Gökölük

Le Nouvel Observateur et
REUTERS - 06/01/2006 - 08:13

ANKARA (Reuters) - Après une forte croissance en 2005, l’économie turque risque de pâtir cette année de la lenteur de ses réformes structurelles et d’une désaffection des investisseurs des marchés émergents à la suite des hausses des taux d’intérêt dans le monde.


Rebondissant après sa crise financière de 2001, la Turquie a bénéficié ces dernières années d’une hausse des liquidités mondiales et du faible loyer de l’argent ainsi que des prêts du FMI et du lancement des négociations en vue de son adhésion à l’Union européenne.
Lestée par un déficit courant abyssal et un chômage élevé, la Turquie a réussi à ramener l’inflation en deçà de 8% tout en affichant des taux de croissance plus courants chez les « tigres » asiatiques.


Mais bon nombre d’économistes craignent que la conjoncture financière internationale de 2006 s’avère moins clémente pour la Turquie, au moment même où ses négociations avec l’UE entrent dans une phase délicate.
Le flux de capitaux vers les marchés émergents pourrait ralentir après la série de hausses des taux d’intérêt de la Réserve fédérale et d’éventuels tours de vis monétaires à la Banque centrale européenne et à la Banque du Japon, note Ozgur Altug, analyste chez Raymond James.
« La situation mondiale sur le plan des liquidités pourrait s’avérer plus sévère et une possible fuite des capitaux hors des marchés émergents est un risque sérieux pour nos marchés financiers et les équilibres économiques », ajoute Altug.
Le durcissement de la politique monétaire des trois principales banques centrales du monde pourraient provoquer des ventes importantes d’actifs turcs, jugés plus risqués que des investissements traditionnels comme les fonds d’Etat américains.
Les retards accusés par la mise en œuvre des réformes structurelles promises au Fonds monétaire international, notamment celle de la sécurité sociale, pourraient également gêner les investisseurs.


EXIGENCES DU FMI


Le parlement turc doit adopter la réforme de la sécurité sociale pour que le FMI débloque la prochaine tranche du prêt de 10 milliards de dollars obtenu par Ankara.
« Cette réforme a été retardée depuis huit mois et si elle n’est pas adoptée, on peut craindre cette fois un problème sérieux avec le FMI », explique Altug.


Les précédents examens de performance prévus dans le cadre de l’accord de dix milliards de dollars ont été repoussés en raison des retards des réformes économiques.
Le projet de loi sur la sécurité sociale vise à empêcher une aggravation du déficit des retraites de la Turquie qui conduirait à un effondrement du système. La réforme prévoit la réunion des trois organismes de la sécurité sociale en une seule institution et le relèvement progressé de l’âge de la retraite.


Le débat sur le projet de loi n’a pas encore commencé au sein des commissions parlementaires. La Turquie doit en fait adopter deux projets de réformes de la sécurité sociale d’ici la fin janvier et le 15 février pour percevoir la prochaine tranche du FMI.


La Turquie, qui a dépassé son budget de sécurité sociale en 2005, pourrait en outre creuser son déficit des retraites à 7% du produit intérieure brut d’ici quelques années contre 5% environ actuellement si Ankara ne se hâte pas à mettre en œuvre les réformes nécessaires, juge la Banque mondiale.


« La réforme de la sécurité sociale est très importante. Les marchés percevront tout retard comme un signe annonciateur d’élections anticipées », estime Turker Hamzaoglu, économiste chez Is Investment.


Malgré les pressions de l’opposition pour des élections anticipées, le Premier ministre Tayyip Erdogan a fait savoir que le parlement irait jusqu’au terme de son mandat de cinq ans en novembre 2007.
Certains analystes prévoient des turbulences dans les relations entre la Turquie et l’UE, en particulier sur la question chypriote.
« La Turquie pourrait être confrontée à de graves critiques et sanctions de la part de l’UE si elle ne prend pas de mesures sur Chypre et cela pourrait créer un impact négatif pour les marchés financiers », explique Altug.
L’UE veut que la Turquie évolue vers une normalisation de ses relations avec Chypre en 2006 et ouvre ses ports aux bateaux chypriotes grecs.
Ankara soutient la partie chypriote turque du nord de l’île mais l’UE considère le gouvernement chypriote grec comme la seule autorité légale de Chypre. Les Chypriotes grecs sont entrés dans l’Union en 2004 en tant que « République de Chypre ».
La Turquie réclame que l’UE abandonne ses restrictions commerciales à l’encontre des Chypriotes turcs avant de pouvoir faire des concessions sur la question.

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