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Turquie économie : Turkish Airlines près de passer une grosse commande d’avions

jeudi 29 octobre 2009, par Fabrice Gliszczynski

par Fabrice Gliszczynski, à Istanbul

La compagnie entend annoncer l’achat de 70 avions moyen-courriers avant fin 2009. Suivront une vingtaine de gros-porteurs.

Elle croît à marche forcée, reste pour l’heure bénéficiaire, dit ne pas brûler de cash et s’apprête à passer une énorme commande d’avions. Ce profil de compagnie aérienne atypique en temps de crise est celui de Turkish Airlines, une compagnie traditionnelle. Seule Ryanair regroupe tous ces ingrédients, à la différence près qu’elle se focalise sur les vols de point à point de courte distance et l’absence de services, quand Turkish Airlines privilégie un réseau en correspondances entre ses vols moyen et long-courriers et monte en gamme en termes de confort.

Alors qu’Airbus et Boeing peinent à engranger les commandes d’avions, le transporteur turc s’apprête à frapper fort en commandant 70 appareils moyen-courriers. « Nous sommes en discussion avec Airbus et Boeing, en particulier sur la question du prix [5 milliards de dollars au prix catalogue], a indiqué son directeur général Temel Kotil, lors d’une rencontre mercredi soir avec des journalistes français. Nous espérons finaliser la commande prochainement, j’espère avant la fin 2009 », a-t-il ajouté, sans préciser si elle pouvait se partager entre les deux avionneurs. Ces 70 avions font partie d’une commande de 105 dont l’appel d’offres a été lancé il y a un an. En outre s’ajoutera l’achat d’ici à fin 2009, d’avions tout cargo, des B777F ou des A330F.

Les emplettes de Turkish Airlines ont déjà commencé. Dix-neuf gros-porteurs long-courriers (sept Airbus A330 et douze Boeing 777-3003ER) ont été achetés plus tôt dans l’année pour des livraisons commençant fin 2010. Quatorze autres suivront. Les nouveaux programmes, le B787 et l’A350, sont certes étudiés. Mais leur disponibilité (pas avant 2016) pourrait pousser Turkish Airlines à choisir des A330 ou des B777. Ceci pour ne pas compromettre son plan de croissance, enclenchée en 2004-2005, au moment de la privatisation et l’entrée en Bourse. À l’époque, elle transportait 14 millions de passagers vers 100 destinations. En 2009, le trafic de Turkish Airlines aura quasi doublé, à près de 27 millions de passagers transportés vers 160 aéroports. Et la compagnie vise 40 millions en 2012.

à contre-courant

Alors que l’heure est à la réduction de voilure dans le secteur, Turkish Airlines prévoit d’augmenter en 2010 sa capacité de 17 %. Huit nouvelles routes seront ouvertes. Une croissance que la direction veut rentable même si, après avoir dégagé un bénéfice net de 598 millions de dollars en 2008, elle ne donne pas d’indications pour cette année. Car le contexte est difficile, avec une baisse de la recette unitaire de 10 % environ en 2009. Jusqu’ici Turkish Airlines a tiré son épingle du jeu au point de faire bondir l’action de 259 % depuis janvier. La faiblesse de ses coûts unitaires, en partie liée aux bas coûts salariaux de la Turquie l’avantage. Notamment pour attaquer les marchés étrangers — et notamment européens —, avec des prix agressifs. En effet, profitant de la bonne localisation de son hub Istanbul, le trafic en correspondance constitue le moteur de la croissance et des profits de Turkish Airlines. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle des compagnies du golfe Persique.

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Sources

Source : La Tribune (France), le 16.10.09

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