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Gaz : Achkhabad joue sur tous les tableaux

jeudi 17 avril 2008

Les négociations qui se sont déroulées le 24 mars à Ankara entre le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov et le premier ministre turc Tayyip Erdogan seront centrées sur la coopération énergétique, rapporte lundi le quotidien Vremia novosteï.

Il faut bien se rendre à l’évidence, il sera question des perspectives pour Achkhabad de se joindre au projet de gazoduc transcaspien contournant la Russie.

Selon les informations de Vremia novosteï, il n’est pas exclu que le représentant spécial du département d’Etat américain pour la politique énergétique dans la région de la Caspienne, Steven Mann, assiste à ces pourparlers de manière informelle.

La décision officialisée le 11 mars du Kazakhstan, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan de vendre à partir de 2009 leur gaz aux prix européens a créé l’illusion qu’Achkhabad n’aurait plus aucun intérêt à rechercher d’autres possibilités d’écouler ses hydrocarbures. Cependant, après l’annonce il y a deux jours, par des représentants du gouvernement kazakh qui ont souhaité conserver l’anonymat, de l’intention d’Astana d’abandonner les contrats gaziers à long terme avec Gazprom pour passer exclusivement à des contrats annuels, la situation semble très claire. Le Kazakhstan et le Turkménistan veulent éviter de s’engager trop et envisagent d’ici deux ans de commencer à livrer une partie de leur gaz par des itinéraires alternatifs, en contournant la Russie. Tachkent ne s’est pas encore prononcé sur la question, mais on peut supposer qu’il suivra l’exemple de ses voisins.

Les dirigeants turcs, malgré le fait que presque tous les besoins en gaz de leur pays sont déjà couverts, en partie grâce aux livraisons en provenance de Russie, espèrent bien aller au bout de leur projet de faire de la Turquie une sorte de « hub » énergétique en y concentrant un véritable noeud d’itinéraires de livraison. Selon les auteurs de ce projet, la construction de réservoirs souterrains de gaz, d’usines chimiques de transformation du gaz et de sites de production de GNL (gaz naturel liquéfié) permettront de canaliser vers la Turquie les flux de gaz centrasiatique, en garantissant son utilisation dans n’importe quel volume et au prix souhaité par le vendeur, qui plus est en contournant le monopole de Gazprom en matière d’achat.

En outre, Israël se révèle également intéressé par le gaz centrasiatique. La construction d’un gazoduc depuis la Turquie pourrait en effet garantir à l’Etat hébreu une précieuse indépendance énergétique.

A Achkhabad, on laisse entendre que l’idée d’un gazoduc transafghan vers le Pakistan et l’Inde, projet dont la genèse remonte aux années 90, n’est toujours pas abandonnée. Cela dit, aujourd’hui, même si la Banque asiatique de développement se dit prête à en financer l’étude de faisabilité, le nouveau contexte des prix élevés du gaz centrasiatique pourrait poser quelques problèmes aux potentiels clients du sous-continent indien.

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Sources

Source : RIA Novosti

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