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Turquie : Tous amoureux du français

lundi 22 mars 2010, par Delphine Nerbollier

Par Delphine NERBOLLIER

Le 20 mars 1970, la francophonie faisait ses premiers pas. Quarante ans après, « La Croix » donne la parole à ceux qui, dans le monde, apprennent le français

Sur Smith Street à Brooklyn (États-Unis), il n’est pas rare d’entendre parler français. Dans les couloirs de l’université de Pékin, de jeunes Chinois se régalent d’anecdotes romantiques sur les habitants de l’Hexagone. À Istanbul, le français est toujours à la mode au sein de l’élite turque. Et au Caire, il est parfois enseigné dès le jardin d’enfants. Alors que la francophonie fête samedi 20 mars 2010 ses 40 ans, ils sont de plus en plus nombreux dans le monde à vouloir apprendre la langue de Molière. Exemples :

À Istanbul, une élite éduquée dans la langue de Molière

Ekin Cankal a de l’ambition. Cette jeune fille de 17 ans, aux longs cheveux châtains ondulés, veut « percer dans le monde de la politique ». Pour mettre tous les atouts de son côté, elle a choisi d’intégrer le lycée Notre-Dame-de-Sion, à Istanbul, pour y suivre un enseignement bilingue. Les cours y sont dispensés en français. Il y a quatre ans, Ekin a réussi le très difficile examen d’entrée de cet établissement privé très prisé sans connaître un seul mot de cette langue.

Comme la très large majorité des élèves, elle a passé la première année en classe préparatoire, à raison de 32 cours de français par semaine. Aujourd’hui, cette élève de 1re s’exprime dans une langue claire et fluide. « Dans ma famille, personne ne parle français », explique la jeune fille, vêtue d’une jupe plissée à carreaux, rose et gris, aux couleurs de l’établissement.

A l’époque ottomane le français était la langue de l’élite

« J’ai choisi de l’apprendre car c’est la deuxième langue internationale et ce sera très utile pour ma carrière. Dans ce lycée, nous ne suivons pas seulement les cours mais nous débattons de la France, de la Turquie et du monde », déclare, avec assurance, cette fan de Francis Cabrel.

Quatre autres lycées, sous tutelle de congrégations mais laïques, proposent un enseignement bilingue franco-turc, sans compter les établissements publics tels que le célèbre lycée Galatasaray, à Istanbul. « La demande n’a jamais été aussi forte », constate le directeur de Notre-Dame-de-Sion, Yann de Lansalut. « Chaque année nous accueillons entre 120 et 130 nouveaux élèves mais nous pourrions ouvrir deux ou trois classes supplémentaires. »

À la mode, donc, le français ? Oui, même s’il est concurrencé par les établissements anglophones tels que le Robert College. Dans un pays où l’apprentissage d’une deuxième langue n’est pas obligatoire, la sélection des meilleurs élèves se fait par le choix d’une école bilingue, le plus souvent privée. Et, dans ce contexte, le français dispose d’un atout de taille grâce à ces établissements fondés à l’époque ottomane lorsque le français était la langue de l’élite.

« Les responsables de la relation entre les deux pays »

Pour Suzan Sevgi, directrice adjointe de Notre-Dame-de-Sion, les élèves qui choisissent le français « veulent certes faire des études de droit ou de relations internationales dans lesquelles le français est considéré. Mais ils le font aussi pour développer leur personnalité et bénéficier de l’éducation à la française avec son sens des responsabilités, la recherche de l’excellence, l’ouverture aux autres cultures. »

Les relations politiques tendues entre Ankara et Paris, notamment les désaccords sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, n’ont pas altéré cette tendance. « Au contraire, explique Suzan Sevgi. Nos élèves se voient comme les responsables de la relation entre les deux pays. C’est à eux de les améliorer, en communiquant, pour mieux se comprendre. »

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Sources

Source : Extrait d un article publié dans La Croix le 19 mars 2010

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