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Turquie-Etats-Unis : Pourquoi Obama a besoin d’Erdogan

vendredi 11 décembre 2009

Le Président américain Barack Obama a reçu lundi à la Maison Blanche le Premier ministre turc Erdogan, dont la politique d’ouverture accroît l’importance de la Turquie dans la région. Obama, qui a vanté les avancées démocratiques de la Turquie, a renouvelé son intention de renforcer l’idée de « partenariat modèle » qu’il avait proposé lors de sa visite en avril en Turquie.

Alors que la Turquie a été plusieurs fois accusée de tourner le dos à l’occident, Obama reçoit un Erdogan qui fait monter les enchères. Lors de l’entretien du Premier ministre turc et du président américain à la Maison blanche, les deux hommes ont abordé plusieurs dossiers épineux, où les Etats-Unis ont besoin de la position stratégique de la Turquie. Le sommet a été l’occasion de traiter d’importantes affaires tels que la lutte contre le terrorisme, le nucléaire iranien, l’Afghanistan, la normalisation avec l’Arménie, le problème du Karabagh, Chypre, l’Irak, la paix au Proche Orient et la question énergétique. C’est en des termes forts et sans doute pas innocents que le Président américain a fait l’éloge de la Turquie et d’Erdogan : « Le fait que la Turquie soit un pays laïc, démocratique, qu’elle respecte la supériorité du droit et qu’elle soit en même temps un pays à majorité musulmane montre qu’elle n’agit pas seulement sur la paix et la stabilité de la région où elle se trouve, mais plus généralement sur la paix mondiale. La Turquie est un très grand pays, un pays qui influence les autres contrées environnantes, et de ce fait je suis honoré au plus haut point de dire de la Turquie qu’elle est un pays ami, et de dire du Premier ministre Erdogan qu’il est mon ami. Je porte l’espoir que les relations que nous entretenons ensemble traverseront les âges ». Les deux parties qui ont œuvré pour donner plus de consistance à l’idée de « partenariat modèle » que le Président américain Obama avait lancé lors de sa visite en Turquie au mois d’avril, ont proposé de mettre en œuvre un mécanisme susceptible de combler le vide commercial qui existe entre les Etats-Unis et la Turquie. Selon Obama, les relations qui associent Ankara et Washington ne sont donc pas seulement liées à l’OTAN et uniquement des liens de type stratégique et militaire : les liens économiques peuvent contribuer à leur renforcement. Erdogan est lui aussi d’avis que le terme de « partenariat modèle » peut gagner en consistance.

Le dossier iranien

Selon Obama, la Turquie représente dans la région une force capable d’apporter suffisamment de confiance pour pousser l’Iran à utiliser ses capacités nucléaires à des fins civiles et pacifiques. Il voit en la Turquie un acteur important pour la résolution de la crise nucléaire iranienne. Les partisans américains cherchent à convaincre la Turquie de soutenir le vote du Conseil de sécurité de l’ONU pour mener des sanctions contre l’Iran. Ankara, qui a développé des accords commerciaux et énergétiques avec l’Iran, a renouvelé une nouvelle fois qu’il est nécessaire de trancher le litige par la voie diplomatique. Erdogan se dit quant à lui « prêt à faire ce qui lui incombe dans le dossier iranien ».

Terrorisme

Pour Obama, en évoquant les deux pays : « nous sommes déterminés à lutter contre le terrorisme où qu’il se trouve ». Selon Obama, le PKK, qu’il considère comme étant une organisation terroriste, ne représente pas une menace seulement pour la Turquie mais aussi pour l’Irak dont il est la cause d’une grande préoccupation. Obama à profiter de l’occasion pour présenter ses condoléances à la Nation turque qui vient de perdre sept de ses soldats à Tokat lors d’une attaque terroriste. Obama a félicité Erdogan au sujet de l’ouverture démocratique et du processus politique en cours en vue d’accorder plus de droits aux minorités ethniques et religieuses. Pour Obama « on ne peut pas lutter contre le terrorisme seulement d’un point de vue militaire. Il y a aussi des buts sociaux et politiques à prendre en compte ».

Afghanistan

Obama s’est félicité également du soutien de la Turquie dans la mise en œuvre de la stabilité de l’Afghanistan. Washington souhaite de la Turquie l’envoi de troupes dans les régions à risque. Erdogan, qui n’est pas trop favorable à cette proposition, a quant à lui rappelé qu’il donnait la priorité à un apport économique et social. Rappelant qu’il avait déjà renforcé son contingent militaire, il a proposé l’ouverture d’un centre pour éduquer l’armée afghane, d’encadrer deux bataillons et de consacrer 50 millions de dollars pour des travaux de construction.

Arménie

Le processus de normalisation entre la Turquie et l’Arménie a été également à l’ordre du jour : « J’ai félicité le Premier ministre Erdogan, affirmait Obama, pour ses entreprises courageuses dans le processus de normalisation des relations turco-arméniennes et je l’ai poussé dans ce sens à poursuivre ses efforts ». Erdogan a quant à lui demandé le soutien d’Obama pour faire pression sur le groupe de Minsk afin d’accélérer les travaux pour débloquer le problème du Karabagh qui empêche les protocoles d’aboutir.
10.12.2009

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Sources

Source : Zaman France, le 10.12.09

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