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La Turquie et l’Arménie se rapprochent

mercredi 2 septembre 2009, par Reuters

La Turquie avait fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993, en soutien à l’Azerbaïdjan. Les deux pays ont annoncé la normalisation de leurs relations diplomatiques. La décision intervient alors que la Turquie souhaite intégrer l’Union européenne.

La Turquie espère ouvrir sa frontière avec l’Arménie vers la fin de l’année, dans le cadre d’un protocole qui prévoit la normalisation de leurs relations, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

« Si tout se passe comme prévu, si des mesures réciproques sont prises, la frontière pourrait être ouverte autour du Nouvel An », a-t-il dit à la chaîne de télévision NTV.
Un rapprochement sportif, l’année dernière, pendant un match de football.

Les deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques depuis l’indépendance de l’Arménie en 1991, ont annoncé lundi 31 août la signature avant la mi-octobre de deux accords consacrant la normalisation de leurs relations, après un siècle de discorde provoquée par les massacres d’environ 1,2 million d’Arméniens sous l’empire ottoman entre 1915 et 1916.

L’annonce d’une normalisation avait été faite au mois d’avril mais la déclaration d’Ahmet Davutoglu constitue un réel pas en avant.

Suivant cet accord, les deux Etats organiseront des consultations nationales avant de signer deux protocoles sur l’établissement de relations diplomatiques et sur le développement de relations bilatérales.

Ces accords devront être ratifiés par les parlements de chaque pays. « La décision finale reviendra au parlement », a confirmé Ahmet Davutoglu, actuellement en tournée diplomatique dans la région.

De son côté le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui s’exprimait pour la première fois publiquement sur ce sujet, a souligné que les accords n’entreraient pas en vigueur tant que le parlement d’Ankara ne les aurait pas ratifiés.

Satisfaction de l’Union européenne et stratégies

La réouverture de la frontière et l’établissement de liens avec l’Arménie auraient deux avantages pour Ankara : asseoir l’influence de la Turquie musulmane dans la région et soutenir sa candidature pour une intégration dans l’Union européenne.

L’UE a depuis longtemps demandé à la Turquie de normaliser ses liens avec ses voisins et de rétablir des relations diplomatiques utiles à la sécurité régionale.

Logiquement, l’UE s’est félicitée mardi de la perspective d’établissement de relations bilatérales et a exhorté les deux pays à mettre rapidement en œuvre les protocoles.

« Ces accords doivent contribuer à la paix et à la stabilité dans le sud du Caucase », ont déclaré dans un communiqué Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, et son collègue à l’Elargissement, Olli Rehn.

Du point de vue d’Erevan, cette évolution devrait permettre à l’Arménie, enclavée et fortement touchée par la crise financière, d’avoir accès aux marchés turc et européen.

Le président arménien Serj Sarksian est attendu en Turquie le 14 octobre à l’occasion d’un match comptant pour les qualifications à la Coupe du monde de football 2010.

L’Azerbaïdjan mécontent ?

Il a fait savoir qu’il ne se déplacerait pour assister à cette rencontre que si la frontière avec la Turquie était rouverte ou si des gages clairs de sa réouverture avaient été donnés. Le président turc Abdullah Gül avait assisté au match aller à Erevan l’an dernier.

La frontière entre les deux Etats avait été fermée en 1993 à l’initiative de la Turquie qui entendait manifester son soutien à l’Azerbaïdjan, autre pays à majorité musulmane, en conflit avec les séparatistes arméniens dans la région du Haut-Karabakh.

Cette normalisation avec l’Arménie, Etat soutenu par les Etats-Unis, risque de provoquer le mécontentement de l’Azerbaïdjan, producteur de gaz pour l’Europe. Les Européens sont engagés dans le projet du gazoduc Nabucco concurrencé par le projet russe South Stream soutenu par la Turquie.

Bien qu’un cessez-le-feu ait été conclu il y a 15 ans, le conflit du Haut-Karabakh n’est toujours pas résolu et la tension demeure sur la ligne de front entre forces arméniennes et azerbaïdjanaises.

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Sources

Source : Reuters, le 01.09.09

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