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La Turquie décrite comme un atout stratégique pour l’Europe

samedi 12 septembre 2009, par Natalie Nougayrède

L’Europe, qui aspire à jouer un rôle de puissance, doit se ressaisir si elle ne veut pas gâcher les opportunités que lui offre la candidature de la Turquie. Celles-ci sont multiples : un relais d’influence auprès du monde musulman, une capacité renforcée de projection en politique étrangère vers des régions diverses comme le Moyen-Orient, le Caucase, l’Asie centrale, autant de zones où se jouent des enjeux stratégiques, notamment pour les approvisionnements en énergie.

L’Europe doit se ressaisir, car à force de laisser le dossier des négociations turques s’enliser, elle est en passe de perdre un partenaire précieux. C’est en substance l’appel lancé, lundi 7 septembre, par un groupe de personnalités politiques européennes, dont le prix Nobel de la paix 2008 et ancien président finlandais Martti Ahtissaari, l’ancien premier ministre français Michel Rocard, et l’ancienne commissaire européenne Emma Bonino. (Bronislaw Geremek, l’ancien ministre polonais, mort en 2008, avait aussi participé à ce groupe de travail).

L’Europe a décidé, en décembre 2004, de lancer des négociations d’adhésion avec la Turquie. Un pays dont le rang de « candidat » à l’intégration avait été formellement reconnu en 1999 et qui postule au club depuis... 1963. Comment sauver le processus ? Dans son rapport publié lundi 7 septembre, la Commission indépendante sur la Turquie rappelle à quel point les choses semblent aujourd’hui encalminées, avec le blocage de la moitié des chapitres de négociation.

Le texte appelle à sortir du « cercle vicieux » apparu ces dernières années. En effet, à force de recevoir des messages de rejet ou de réticence vis-à-vis de sa candidature, la Turquie a fini par avoir le sentiment qu’elle ne serait jamais la bienvenue dans l’Union européenne, même si elle devait remplir un jour tous les critères d’adhésion. Cela a contribué au ralentissement des réformes dans ce pays, mettant fin à une période plus propice (2000-2005) où la perspective d’adhésion agissait comme un puissant moteur de transformation interne. La lenteur des réformes a alimenté en retour l’opposition de certains Européens à l’intégration turque... La boucle est ainsi bouclée.

Pour en sortir, affirme ce rapport, il est de la responsabilité de l’Europe de revenir... à ses propres engagements et à ses propres textes. C’est-à-dire rétablir sa crédibilité en réaffirmant ce qui avait été approuvé par tous les gouvernements en 2005 : « L’objectif commun des négociations est l’adhésion ». Ce qui d’ailleurs, note le rapport, ne préjuge en rien de leur aboutissement. Du moins le cap serait-il préservé.

« Une excuse populiste »

La Commission indépendante dresse un réquisitoire sévère contre les politiques qui tiennent des discours hostiles à la Turquie à des fins électorales. Elle critique (sans les nommer) Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel, qui ont prôné un « partenariat privilégié » comme substitut à l’adhésion. C’est là « une excuse populiste », une formule vague dont personne n’a « réussi à expliquer » le contenu exact.

La Turquie s’est alignée en 2008 sur 109 des 124 déclarations communes de l’UE. Allié important, elle participe aux grandes missions européennes en Bosnie, au Kosovo et ses troupes sont présentes en Afghanistan. Sa politique régionale est décrite dans le rapport comme un atout de taille pour l’Europe si celle-ci veut réaliser ses ambitions extérieures.

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Sources

Source : Le Monde.

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