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L’UE ne doit pas se laisser guider par « la crainte de l’Islam »

dimanche 25 juillet 2004, par AFP

Agence France Presse

STRASBOURG, 21 juil (AFP) - L’Union européenne ne doit pas se laisser guider par « la crainte de l’Islam » dans sa décision sur l’ouverture ou non de négociations d’adhésion avec la Turquie, a affirmé mercredi le Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende.

« Nous ne devons pas nous permettre d’être guidés par la crainte vis-à-vis de l’Islam », a déclaré M. Balkenende devant le Parlement européen à Strasbourg, lors d’une intervention pour présenter les priorités de la présidence néerlandaise de l’UE.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 25 Etats membres de l’Union doivent décider en décembre si la Turquie satisfait au respect des valeurs démocratiques européennes et des droits de l’Homme et si c’est le cas, les négociations d’adhésion avec Ankara pourront s’ouvrir.

Selon le Premier ministre néerlandais, la décision devra être prise « honnêtement » et sans « inventer de nouveaux critères ».

« Notre opposition ne doit pas être dirigée contre les religions mais contre les individus et les groupes qui détournent leur religion pour s’imposer par la force », a déclaré M. Balkenende.

« L’Islam n’est pas le problème. Les musulmans, les chrétiens et les représentants des autres confessions peuvent parfaitement vivre ensemble en bonne harmonie. Le problème n’est pas la religion mais le détournement de la religion pour semer la haine et l’intolérance, et pour réprimer les femmes », a-t-il insisté.

Jan Peter Balkenende a souhaité pour décembre une décision « bien fondée » recueillant une « approbation générale » et à laquelle l’Europe « se tiendra à l’avenir ».

Le président des eurodéputés conservateurs du Parti populaire européen (PPE) Hans-Gert Poettering a reconnu lors du débat qui a suivi que la question turque faisait l’objet de « divergences » au sein de son groupe, principale formation du Parlement avec 268 députés.

« Si en fin de compte il doit y avoir des négociations ou pas, que l’on puisse au moins parler d’alternatives, éventuellement un partenariat renforcé », a ajouté M. Poettering.

Certains éléments au sein du PPE, comme les chrétiens-démocrates allemands, sont favorables à un partenariat privilégié avec Ankara plutôt qu’à une adhésion pure et simple à l’UE.

Le président du groupe socialiste, Martin Schulz, a estimé que l’Europe « ne pouvait pas faire des promesses à la Turquie pendant quarante ans » pour se défiler « lorsqu’arrive l’heure de vérité ».

« Si on veut vraiment que l’UE soit crédible sur la scène internationale, elle doit respecter ses promesses. Lorsque les critères sont remplis, les négociations d’adhésion doivent débuter », a-t-il dit.

Le Premier ministre néerlandais a par ailleurs plaidé à Strasbourg pour un renforcement du marché intérieur européen, un objectif qui nécessite des « règlements moins nombreux et mieux adaptés » et dont les présidences irlandaise, néerlandaise, luxembourgeoise et britannique de l’UE (qui se succèdent de janvier 2004 à la fin de 2005) ont fait une « priorité ».

Il a aussi défendu l’idée d’un Centre européen de la recherche, qui pourrait fournir des capitaux à risque pour la recherche, une des mesures susceptibles de combattre l’hémorragie de scientifiques européens en dehors des frontières de l’Union.

Il a relevé que 400.000 scientifiques européens travaillent actuellement aux Etats-Unis, soit 40% de la communauté scientifique américaine.

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