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L’UE ne dit pas non à la Turquie

mercredi 3 novembre 2004, par Sylvie Minous

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Bruxelles a recommandé mercredi l’ouverture de négociations afin de faire entrer la Turquie dans l’Union européenne. Mais devant le scepticisme des Etats membres, aucune date butoir n’a été fixée. Les 25 se prononceront le 17 décembre prochain.

L’adhésion de la Turquie à l’UE est toujours au c�ur de la polémique. La Commission européenne ne dit pas non à Ankara, elle souhaite même l’ouverture de pourparlers en vu d’une adhésion de ce pays. Mais les membres de l’UE restent majoritairement réticents à cette idée. En France, en Allemagne et en Belgique notamment, les opposants à l’entrée de la Turquie dans l’Europe sont nombreux. Le fait que cette république laïque de 71 millions d’habitants soit à majorité musulmane inquiète. Ankara a de plus encore de nombreux progrès à fournir dans le domaine économique et en matière de respect des droits de l’homme.

- Un pont vers les pays islamiques

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a de son côté tenu à mettre en avant les progrès accomplis par son pays ces dernières années dans les domaines politique et économique. Des réformes qui visent à répondre aux critères de l’UE pour une future adhésion mais qui restent fragiles aux yeux de l’UE. Autre argument que le gouvernement turc met en avant : l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne représenterait un pont entre l’Europe et les pays islamiques.

Romano Prodi, le président de la Commission, a pour sa part déclaré qu’« il faut prendre le temps nécessaire pour que toutes les importantes réformes adoptées se traduisent dans la réalité quotidienne » des Turcs. Il a en outre précisé que tout recul de la démocratie et des libertés fondamentales dans ce pays entraînera l’arrêt de toute négociation. Des paroles rassurantes destinées à convaincre les 25.

- Réticences

Le 17 décembre prochain, les actuels membres de l’UE doivent se prononcer sur l’ouverture de négociations avec la Turquie. Si le oui l’emporte au Conseil, les pourparlers pourraient commencer dès 2005. Cependant, l’intégration de la Turquie ne devrait pas être effective avant 2015. La route est donc encore longue pour Ankara mais cela laisse peut-être le temps aux pays membres de l’UE de mieux accepter l’idée qu’un pays à majorité musulmane, qui sera le plus peuplé d’Europe en 2025, puisse lui aussi entrer dans l’Union européenne.

La Turquie membre de l’UE, une idée qui en effet est loin de rassembler. En France, certains politiques exigent un débat avec vote à l’Assemblée nationale sur la question. Le président de la République Jacques Chirac a de son côté évoqué mercredi à Bruxelles la nécessité d’un référendum pour que les citoyens français se prononcent sur la question. Un projet jugé « très injuste » par le Premier ministre turc qui demande que la Turquie soit jugée non maintenant mais une fois qu’elle répondra à tous les critères de l’UE.

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