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Immersion en Turquie

mercredi 17 mars 2010, par Françoise Refloc’h

Ahmet Yildiz enseigne le turc à des collégiens. Rencontre à l’école du Chêne-Creux à Rezé.

Par Françoise Refloc’h

Merhaba ! C’est par un joyeux bonjour que, tous les mercredis, Ahmet Yildiz accueille les élèves dans la salle de classe. « On parle turc pendant une heure et demie, explique le professeur de 34 ans. Parfois, quand les élèves ne comprennent pas, ils m’interrogent en français mais c’est rare ». Instituteur en Turquie, Ahmet Yildiz est en France pour cinq ans, détaché du ministère de l’Éducation nationale turc. Une opportunité qu’il a saisie sans hésiter.


Un retour aux sources

« J’avais très envie de retrouver le pays qui m’a vu naître (NDLR : à l’âge de 9 ans, il est reparti en Turquie avec ses parents) mais je voulais continuer à améliorer mon français ». Examens (écrit et oral) passés avec succès, Ahmet Yildiz peut enseigner en France. Après un an dans les Ardennes, il arrive à Nantes. « Je connaissais du monde ici et je n’ai pas eu de difficultés à m’adapter ». À l’origine de ces cours à l’école du Chêne-Creux, à Rezé : les parents d’élèves et l’implication du directeur, Jean-Paul Rimbaud.


Grammaire et conversation

Dans la classe, la quinzaine de collégiens (scolarisés à Petite-Lande, Pont-Rousseau à Rezé ou Neustrie à Bouguenais), écoutent attentivement. « Vous allez lire ces photocopies et ensuite on en discutera ensemble ». Au programme : les jours, mois, saisons... « Les cours sont basés sur du concret, lecture, écriture mais nous étudions aussi la grammaire et la conversation est importante explique Ahmet Yildiz. Les enfants connaissent un peu le turc par leurs parents mais la langue n’est pas maîtrisée. Tout est lié, s’ils s’expriment bien en français, ils parleront bien le turc ». Sibel, 14 ans, acquiesce. « Cela fait huit ans que je prends des cours. J’ai commencé quand j’étais au CP. Ça me plaît beaucoup ».


En vacances en Turquie

Sibel attend l’été avec impatience. « Tous les ans, je pars avec mes parents en Turquie et je peux parler avec les gens. Dans les villages, ça ne pose pas de problème mais dans les grandes villes, c’est parfois plus compliqué. Alors, pour moi, les cours ici sont importants. Mais j’aimerais faire plus d’écrit aussi ».

En septembre prochain, Ahmet Yildiz entamera sa dernière année en France. Il repartira en Turquie avec sa femme et ses deux enfants, Zeynep, 10 ans et Oguzkaan, 18 mois. Il n’oubliera pas son passage en France. « Je garderai des contacts ici, cela fait partie de mon histoire ».


Repères

7

Ahmet Yildiz intervient dans sept écoles, à Nantes et dans l’agglomération nantaise : Saint-Herblain, Carquefou, Rezé...

3

En Loire-Atlantique, ils sont trois professeurs turcs à enseigner à des enfants français d’origine turque. L’un d’entre eux est basé à Châteaubriant.

500 000

C’est le nombre de Turcs (immigrés et descendants d’immigrés) vivant en France. C’est, après l’Allemagne (3,5 millions), le deuxième pays européen où la communauté turque est la plus importante.

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Sources

Source : Presse Océan,15 mars 2010

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