Accueil du site > Nous y étions > Discours de Reynald Beaufort, Président de Turquie Européenne, au cocktail du (...)

Discours de Reynald Beaufort, Président de Turquie Européenne, au cocktail du 19 juin 2004

samedi 19 juin 2004

Discours de Reynald Beaufort, Président de Turquie Européenne, prononcé lors du cocktail à l’initiative de Mr le Consul Général Aydin Sezgin et du forum de discussion Bleu Blanc Turc

Mesdames, Messieurs, chers amis

Que dire après tant d’éloquence de la part de mon ami Özcan ? Rassurez-vous je vais trouver, je suis un incorrigible bavard ! Je lis déjà l’inquiétude dans les yeux de certains, je n’ai pas non plus l’éloquence de Fidel Castro et vous épargnerai donc un monologue soporifique de plusieurs heures !

Tout d’abord, je tiens aussi à remercier M. Le Consul Aydin Sezgin de son hospitalité, qui nous le savons, n’est pas un vain mot en Turquie. Je remercie aussi M l’ambassadeur Uluç Özülker et son épouse de nous honorer de leur présence.

Je remercie aussi Bleu Blanc Turc, Bülent et Özcan et tout ceux qui m’ont fait l’honneur et la confiance de me confier la présidence de Turquie Européenne. Je leur suis reconnaissant du travail déjà accompli et de leur solidarité jamais démentie.

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je vais me présenter brièvement : Ma rencontre avec la Turquie s’est faite en 1990 et ce fût littéralement un coup de foudre. Cet amour, sûrement un peu excessif d’abord, s’est assagi et renforcé par la suite grâce aux nombreux autres voyages et rencontres que j’y ai faits. On ne le dira jamais assez, le peuple turc est le plus amical qu’il soit donné à un voyageur de rencontrer (et je précise qu’il ne s’agit pas de ces amitiés intéressées qu’on rencontre souvent en vacances à l’étranger, il s’agit réellement d’amitié sincère et spontanée). Je me suis alors jeté sur toutes les publications évoquant la Turquie et les Turcs, j’ai appris la langue que je comprends mais que vous voudrez bien m’excuser de ne pas parler couramment, manquant de l’immersion nécessaire à sa maîtrise. Je suis allé de surprises en surprise, ce peuple trop souvent présenté par les occidentaux comme « barbare » est en fait à l’origine de civilisations les plus raffinées et d’une culture extraordinaire.

Mon attachement à la Turquie s’est scellé définitivement en 1998 à Ankara quand j’ai épousé Neslihan et ai été accepté par une famille turque comme l’un des leurs. Cette union nous a donné un petit franco turc prénommé Altay qui sera un jour, je n’en doute pas, fier de la richesse que lui auront apporté ses deux cultures d’origine.

J’ai parallèlement voulu partager ma passion en créant en 1997 le site Internet « Amoureux de la Turquie » et je dois à cette initiative la plupart des mes amis actuels mais aussi quelques ennemis fidèles. Pourquoi le fait d’être un défenseur de la Turquie suscite t’il dans ce pays tant de haine et d’incompréhension ?

Je cherchais comment il serait possible de modifier l’image de la Turquie dans l’opinion publique, quand, dans les prémices d’une campagne électorale où on a vu la Turquie servir de bouc émissaire à toutes les formations politiques à de rares exceptions près, Özcan et Bülent sont venu me trouver pour initier ce qui allait devenir « Turquie Européenne ».

Ils n’ont pas eu trop de mal à me convaincre, en effet, quoi de motivant pour un européen convaincu et un amoureux de la Turquie que la perspective de son adhésion à l’Union Européenne ? Quelle merveilleuse occasion de combattre les idées reçues, les préjugés et la désinformation propagée sciemment par des adversaires politiques malhonnêtes. Ces gens ne reculent devant rien, même pas devant les mensonges éhontés pour salir l’image de la Turquie. Pour certains cette opposition à l’adhésion est un nouvel avatar de leur opposition au projet européen. Pour d’autres, il s’agissait de faire un rideau de fumée masquant la vacuité de leur projet politique quand à cette Europe que les Turcs, eux, appellent de tous leurs vœux. Pour d’autres encore et enfin, il s’agissait de répondre à des sollicitations de lobbies afin d’obtenir quelques hypothétiques voix supplémentaires, on a vu le résultat !

Qu’est-ce que Turquie Européenne ? Sous le statut d’une association, il s’agit de la première initiative politique franco-turque à l’échelle nationale. Mieux, des sympathisants des pays francophones voisins, nous ont d’ores et déjà rejoints et nous regardons maintenant vers l’Allemagne. Nous ne cherchons pas à faire à la place des associations déjà existantes ce qu’elles font déjà très bien, ni rassurez-vous, à devenir une instance dirigeante.

L’objectif premier est évidemment l’ouverture des négociations d’adhésion en décembre. Mais nous savons tous que cette adhésion ne surviendra pas avant, probablement, une dizaines d’années. Il faut en attendant faire un travail de fond de préparation de l’opinion publique car, à terme, ce seront les eurodéputés qui prendront la décision.

Il s’agit de coordonner les actions des différentes associations, de faire circuler l’information, d’être à l’initiative de rassemblements ou de manifestations comme ceux que nous avons déjà organisés le 1er mai. Notre objectif est que la communauté turque avec l’aide des amis Français de la Turquie sorte de son silence et de son isolement. A l’image d’autres communautés, il faut créer une véritable solidarité entre nous, il faut centraliser l’information, représenter un ensemble suffisamment important et structuré pour être crédible auprès des médias. J’ai prouvé la semaine dernière en répondant à un article diffamatoire qu’il est possible de prendre la parole dans les médias français.

Il arrive encore trop souvent que, quand à lieu une conférence ou une manifestation culturelle sur la Turquie, il n’y ait que des Français, ou peu s’en faut, pour y assister. Il est encore bien trop fréquent que des spécialistes autoproclamés puissent diffuser leur venin en public en toute quiétude simplement parce qu’il n’ont ni contradiction ni même l’idée qu’il puissent en avoir ! Il faut que les amis de la Turquie puisse s’exprimer librement sans se faire traîner dans la boue, voir menacer physiquement. Il faut développer les jumelages de villes turques et européennes, il faut que les manifestations organisées par les associations turques s’ouvrent aux non turcs. Une grande partie de la réticence des Français vient de l’ignorance et du manque de relations entre la communauté turque et eux. Quand on en connaît pas la vie réelle de l’autre on phantasme ou on généralise des comportements marginaux.

Il faut que nos enfants cessent de cacher leurs origines turques en vendant par exemple sous le nom de « grecs » des kebabs. Ils faut qu’ils ne soient plus sans arrêt sur la défensive en étant obligé de subir des quolibets évoquant « Midnight Express » ou la situation des droits de l’homme. Pour cela nous ne devons, d’une part, plus laisser dire n’importe quoi par les médias européens, mais aussi d’autre part aider les forces qui en Turquie œuvrent pour plus de Démocratie et cela sans à priori concernant leur appartenance politique ou ethnique.

Nous avons des moyens logistiques : Bleu Blanc Turc, un forum qui sert aux échanges et débats. Le site de Turquie Européenne nous sert à la diffusion des informations favorables à notre cause. Un noyau dur de personnes dévouées et enthousiastes dont beaucoup n’ont de lien avec la Turquie que leur amour désintéressé. Je profite de leur présence pour les remercier chaleureusement. Le soutien de déjà près de cent associations en France. Pour développer notre association et le rendre plus performante, il nous faut des bonnes volontés, des gens qui se chargent de notre promotion, de récolter les informations, de surveiller la presse et aussi, bien sûr, des financements. Un tel projet ne peut se contenter de cotisations de membres, nous avons besoin de bienfaiteurs.

Je suis convaincu que l’impact de notre travail aura des répercussions politiques bien sûr, culturelles, c’est évident, mais aussi à moyen terme économiques, chacun sait l’importance dans les affaires de l’image du pays d’origine des entrepreneurs.

En ce qui concerne les projets à moyen terme, nous projetons pour la fin de l’année, un grand rassemblement européen à Bruxelles pour peser sur la décision de la Commission, montrer l’intérêt des turcs d’Europe pour la politique européenne et montrer qu’il existe en Europe de nombreux partisans turcs ou non turcs de l’adhésion de la Turquie. Pour cet événement exceptionnel, il nous faudra l’aide de tous et nous comptons sur vous.

Soyons solidaires et plus personne ne pourra nous nuire !

Merci de votre attention.


Voir les photos et lire le compte-rendu

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0