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Cinéma turc : une étoile montante

lundi 29 janvier 2007, par Haluk Sahin, Sebahat Erol

© Sebahat Estèbe Erol et Turquie Européenne pour la traduction

© Radikal, janvier 2007

Commençons l’année avec un article optimiste. En 2007, j’attends de bonnes nouvelles du cinéma turc. Les deux films que j’ai vus en décembre confirment mes attentes : il s’agit de Takva (Piété) et de Beynelmilel (International).

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Notre cinéma remplit de nouveau les salles.
Il est significatif, sur le plan culturel, que le cinéma national ait fait plus d’entrées en 2006 que les films hollywoodiens. Aussi significatif peut-être que le döner qui a supplanté en Allemagne les hamburgers du McDonald’s.
Et pourtant, Hollywood est une des locomotives les plus puissantes dans l’universalisation de la culture américaine. Et pourtant, Hollywood, comme l’a souligné un éditeur américain, a réussi à entrer « là où la CIA même n’a pu pénétrer ».
Le cinéma turc se réconcilie avec la population. Jusqu’à l’apparition de la télévision, il représentait le divertissement familial le plus important. Avec la vulgarisation de la télévision, notre cinéma national a été relégué au second plan. Nos cinéastes ont commencé à tourner plutôt des films sérieux et pompeux racontant les états d’âme et la solitude d’intellectuels occidentalisés n’arrivant pas à communiquer avec les autres. Les salles de cinéma, qui pouvaient faire venir les films américains dès leur sortie, n’ont plus daigné montrer de films turcs.
Eh oui, personne n’allait les voir !
Le temps de la revanche est arrivé !

Liberté et création artistique

Un bon film nécessite avant tout une histoire intéressante et un scénario solide. Sur ce plan, les films Takva et Beynelmilel, qui racontent des histoires attendues sur la société turque, sont très riches. Le spectateur turc s’est lassé des récits américains violents et fantaisistes. Il veut voir des films qui le concernent. Bien entendu, il attend des histoires racontées dans un langage cinématographique moderne, ce que les scénaristes et réalisateurs turcs contemporains ont appris, un peu aussi grâce aux séries télévisées.
Ajoutez à ces deux ingrédients une touche d’ « étoile ». Les étoiles sont en effet les ponts les plus solides entre le cinéma et le peuple. Une étoile est une personne qu’on ne peut quitter du regard à partir du moment où on l’a vue. A mon avis, Özgü Namal, que j’ai vue pour la première fois dans Beynelmilel, peut devenir la nouvelle étoile de notre cinéma. J’ai suivi avec admiration sa façon de tenir son rôle dont l’éventail de nuances est très large. Comme toutes les étoiles, elle aussi sait rire quand son rôle le nécessite, pleurer, danser, rêver, tout cela en étant très convaincante.
Souvenez-vous de Meryl Streep !

Dans ce nouvel essor de notre cinéma, on ne peut nier la part de la démocratie et de la tolérance. Autrefois, Takva et Beynelmilel auraient subi la censure.
La culture de la liberté nourrit la création artistique comme les rayons du soleil. On peut aborder même les sujets les plus difficiles. Et c’est la population tout entière qui en profite. En regardant ce genre de films, on apprend à mieux se connaître, on murit, on se libère.
C’est pourquoi, dans les saisons à venir, notre cinéma peut prétendre devenir l’un des cinémas les plus importants du monde.

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