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Bernard Kouchner, force tranquille des relations franco-turques

jeudi 18 octobre 2007, par Marie-Antide

Bernard Kouchner était Vendredi 5 octobre en visite officielle à Ankara.

Outre Recep Tayip Erdogan, Premier Ministre, il rencontra Ali Babacan, jeune et brillant Ministre des Affaires Etrangères et négociateur en chef sur le processus d’adhésion et Abdullah Gül, Président de la République.

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L’ordre du jour était chargé et c’est probablement pour détendre l’atmosphère qu’Abdullah Gül présenta une carte de l’Europe à Bernard Kouchner avec un sourire teinté d’ironie : « Monsieur Kouchner, regardons cette carte ensemble. Et dites moi … Monsieur Sarkozy déclare que la Turquie n’est pas en Europe. Mais sur cette carte, lequel des deux pays est-il le plus à l’Est : Chypre ou la Turquie ? » . Aucun journaliste ne rapporta la réponse de Bernard Kouchner mais on peut aisément imaginer qu’il eut à faire une élégante pirouette …

De nombreux sujets sur la table

Politiques tout d’abord :

- sur l’adhésion à l’UE : lors de la Conférence des Ambassadeurs, Nicolas Sarkozy déclara qu’il ne s’opposerait pas à l’ouverture de 30 chapitres sur les 35. La Turquie réitère son objectif d’adhésion pleine et entière. Toutefois, le dialogue, fortement perturbé par les déclarations du candidat Sarkozy, s’est à nouveau détendu entre les deux capitales, Nicolas Sarkozy et Recep Tayip Erdogan ayant eu, en plus de leurs nombreux échanges téléphoniques, l’occasion de s’entretenir lors du sommet de l’ONU à New York, le 26 Septembre dernier ;

- sur la reconnaissance du génocide arménien : le 10 Octobre, la résolution sur la reconnaissance du génocide arménien va être discutée par la Chambre des représentants. Cette discussion et son adoption sont les étapes avant un vote en Chambre plénière, qui pourrait bien adopter ce texte : Nancy Pelosi et 225 représentants y sont favorables, la très influente association juive, l’Anti Diffamation League (ADL), a lâché la position turque il y a 6 semaines en déclarant « que les évènements de 1915 étaient équivalents à un génocide » sans toutefois prendre position en faveur d’une résolution devant le Congrès. Cette action, qui aboutira probablement au cours du 1er ou 2nd trimestre 2008, va durablement endommager les relations turco-américaines.

Dans ce contexte, Ankara s’inquiète du devenir de la proposition de loi sur la pénalisation du négationnisme votée le 12 Octobre 2006 par l’Assemblée nationale française. « Rien n’est menaçant et rien n’est fait » précise Bernard Kouchner, confirmant ainsi de nombreuses rumeurs sur la mise à l’écart de cette proposition de loi.

L’autre volet des discussions touchait bien sûr l’implication d’entreprises française dans de très lourds projets d’infrastructures :

- sur la participation de GDF au projet de gazoduc NABUCCO : en Avril dernier, la société turque Botas a mis son veto à la participation de GDF au consortium qui gère le projet. Ce veto avait été considéré comme une mesure de rétorsion au vote d’Octobre des députés français. Le consortium réunit actuellement la compagnie autrichienne OMV, la hongroise MOL, la turque Botas, la bulgare Bulgargaz et la roumaine Transgaz sur un projet chiffré entre 4.5 et 5 milliards d’euro et qui vise à réduire la dépendance énergétique européenne envers le gaz russe.

- sur la participation d’entreprises françaises au projet de constructions de centrales nucléaires sur la Mer Noire.

A l’issue de cette journée marathon, Bernard Kouchner déclara, dans un entretien au journal turc Milliyet : « Ma présence aujourd’hui à Ankara témoigne de notre volonté commune de relancer très fortement notre relation et d’entrer dans une période de normalisation de nos rapports ».

C’est aussi ce que je souhaite.

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