A travers un choix baroque et singulier d’oeuvres vidéos choisies parmi une jeune génération de cinéastes turcs, Selim Birsel, commissaire et artiste, offre à la Maison des arts Georges Pompidou de Cajarc un voyage instantané au coeur de la Turquie contemporaine. Dans le cadre de l’année de la Turquie en France.
Courts-métrages, animation papier, films noir et blanc, vidéosurveillance, dessin sur film...
Une jeune fille se fait repasser les cheveux sur une table à repasser, probablement par une femme qu’on imagine sa mère, pour lisser ses cheveux bouclés selon la toilette des coutumes (Ferhat Ozgür).
Une caméra de surveillance filme une femme de ménage dabs un salon de beauté en train de se faire un massage anti-cellulite avec un aspirateur (Deniz Gül). Deux types, T et K (turc et kurde, ndlr) courent dans la nature et se battent jusqu’à ce que l’un des deux tombe, frappé d’une balle perdue, sur un rythme à la Buster Keaton (Sener Ozmen & Cengiz Tekin).
On survole un cimetière d’avions, aux pare-brises bandés comme des plaies, en Arizona, avec une voie off comptant les appareils en langues turque, kurde et anglaise (Ahmet Ogüt). Une femme peigne ses cheveux pour s’en faire un voile (Burcu Yagcioglu)...
Dans une tonalité dominante de courts-métrages, ces oeuvres vidéos font résonner une diversité de formes et de récits. Mêlant ainsi des fictions aux rapports humains, politiques et sociétaux, ces vidéos suggèrent le sentiment diffus de la recherche et de la définition identitaire.
En Turquie, carrefour géostratégique s’il en est, pays-lien entre Europe et Asie, l’art oscille entre modernité et nécessité éprouvée de témoigner des valeurs traditionnelles, religieuses et historiques. Avec, par exemple, les conflits ethniques quotidiens ou la montée des esthétiques médiatiques globalisées en filigrane, le cinéma contemporain témoigne en marge de la manière dont les gens vivent, aiment et travaillent. En somme, nous doone des nouvelles du pays.
L’humour, utilisé ici comme une arme subversive, propose un point de vue pour le moins inconfortable, livrant un témoignage acide et critique de la société turque et des modifications apportées par la mondialisation. Toutes ces oeuvres vidéos sont autant de regards et tracent le portrait d’une société riche d’une formidable palette d’influences disparates, reflétant différentes combinaisons possibles entre Orient et Occident, modernité et tradition.
A l’image d’une Turquie, multiple.
* Sebeke : réseau en turc
Exposition dans le cadre de Itinéraires : Bosphore - Turquie, semaine de la création contemporaine turque, du 2 au 7 mars 2010, de 14h à 18h.
Organisation : Maison des arts Georges Pompidou / Services culturels de Figeac-Communauté.
Le programme propose également musique, lectures (voir programme sur le site) et rencontres :
Crossing the bridge, the sound of Istanbul, documentaire musical de Fatih Akin
Cinéma Charles Boyer de Figeac, jeudi 4 mars, 20h30
Salle des fêtes de Cajarc, vendredi 5 mars, 20h30
Concert : Didier Labbé Quartet, Bazar Kumpanya
Salle des fêtes de Cajarc, samedi 6 mars, 21h
Rencontre : regards croisés d’intervenants, échange avec le public sur les relations - historiques, économiques ou culturelles - qui existent entre la France, l’Europe et la Turquie. Centre d’art contemporain Georges Pompidou, Cajarc, dimanche 7 mars, 16h.
Sur le Web
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Maison des arts Georges Pompidou, Cajarc
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